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"From music to notation: decoding" 

Pourquoi écrire la musique ? La question peut paraître triviale tant la notation musicale fait partie du paysage de la musique dite savante européenne depuis longtemps. Support de la transmission, mémoire de la culture musicale d'une société donnée, outil de travail du musicien... pourraient apparaître comme les fonctions premières de la notation musicale, et avec elle de la partition. Or, ces fonctions ne résument pas la question de la notation et de l'écriture en général ; elles peuvent même conduire à une vision réduite du phénomène dont on veut rendre compte, car, comme le rappelle Hannah Arendt avec humour, en n'étudiant seulement les fonctions des choses, « tout ce qui remplit la même fonction peut, dans cette perspective, recevoir le même nom. C'est comme si j'avais le droit de baptiser marteau le talon de ma chaussure parce que, comme la plupart des femmes, je m'en sers pour planter des clous dans le mur »[1].

En effet, en un sens la musique – comme la langue – n'a pas besoin de la notation : la transmission orale joue déjà un rôle de passage entre les générations et entre les individus. De la même façon, si la notation musicale était la meilleure solution pour garder trace des musiques, comment expliquer que cette initiative ne soit pas universelle ?  Il ne s'agit pas ici de dire que la notation ne remplit aucune forme de fonction dans la transmission et la conservation de la musique, mais plutôt que la modalité de l'écriture comme réponse à ce besoin n'est apparue que dans des contextes sociaux et culturels spécifiques.